Comment le plastique affecte-t-il les oiseaux marins ?

Dès les premières légendes apparues en d’Europe du Nord, les oiseaux marins reliaient l’homme au monde des esprits et inspiraient en même temps une réflexion sur le sens de notre existence.

De nos jours, tout cela a disparu et chaque jour, nous contribuons au fait que ce monde unique et ces espèces ailées meurent.

Le plastique est un polluant qui peut tuer la vie dans, mais aussi autour des mers et des océans. Il surgit régulièrement et confère un horizon très sombre au cours des prochaines décennies. 

D’où vient la pollution plastique des mers ?

Les nombreuses études menées actuellement font état de déchets plastiques flottants qui proviennent principalement des navires. Ces derniers disposent de centaines de milliers de tonnes d’engins de pêche et de matériaux d’emballage synthétiques qui arrachent la flore sous-marine et se déchirent en capturant brutalement des espèces animales.

Le deuxième pollueur principal, c’est nous. Les habitants des villes, en particulier des stations balnéaires qui font le plein d’estivants venant se reposer sur leurs plages. 

Le problème de l’enfouissement du milieu terrestre est plus facile à percevoir pour nous. Cependant, la sensibilisation du public sur l’état de la pollution de l’eau et à ses effets catastrophiques sur les organismes vivants est malheureusement faible.

Pour en revenir à nos héros, l’existence d’espèces individuelles d’oiseaux marins dépend évidemment de leur milieu de vie. La surexploitation des pêcheries, la pollution par les déchets et produits chimiques ainsi que le changement climatique mondial ont un effet dévastateur sur des populations entières. 

D’autant plus que les oiseaux de mer élèvent souvent un petit nombre de progénitures avec des soins parentaux qui sont à long terme. Cela entrave donc le succès de la reproduction.

Comment ces déchets affectent-ils les oiseaux marins ?

Les détritus en plastique venant des bateaux entraînent l’enchevêtrement des volatiles dans les lignes synthétiques et divers types d’emballages. Par conséquent, au-delà de défraîchir les fonds et les espèces aquatiques, ils entraînent des blessures corporelles, la perte de membres et généralement un avenir mortel.

En effet, les filets de pêche (filets fantômes extrêmement dangereux, qui peuvent dériver et tuer pendant plusieurs mois) entraînent le plus souvent la noyade de l’oiseau ou la mort lente par la faim et l’épuisement.

D’autre part, les fragments de plastique de nature humaine se trouvent tout simplement mangés par les oiseaux parce qu’ils les prennent pour leur nourriture naturelle. Lorsqu’il est avalé, le déchet plastique ne provoque pas de mort subite. Malheureusement cela va durer longtemps avec des dommages mécaniques au système digestif, une maladie rénale, un blocage du tube digestif, la mort de l’estomac et, par conséquent, la mort par famine.

Les parties en plastique ingérées par l’estomac d’un oiseau réduisent l’appétit et, par conséquent, la capacité de stocker les graisses est réduite. C’est pour cela que les scientifiques remarquent de plus en plus de retard dans la migration. À son tour, ce phénomène peut même entraîner l’échec de la reproduction dans des cas extrêmes.

D’autres études ont montré que 90% des poussins albatros examinés en France avaient des éléments en plastique dans le tractus gastro-intestinal supérieur, qu’ils mangeaient avec la nourriture qu’ils recevaient du parent.

Il s’agit de microparticules de plastique (moins de 1 mm) dont la plupart se trouvent dans l’eau. Ils proviennent de la décomposition de gros morceaux de plastique (bouteilles, sacs, tubes de dentifrice, lignes et filets de pêche…) qui sont transportées par le vent, les eaux de pluie, les cours d’eau et les systèmes d’égouts.

Quel avenir pour les oiseaux du bord de mer ?

Inutile de dire que des processus analogues et nocifs ont lieu dans différentes parties de la chaîne alimentaire, empoisonnant l’ensemble de l’écosystème. Ce sont les oiseaux qui ont été sélectionnés comme déterminants sensibles de la santé et de l’état de l’écosystème marin. 

Déjà en 2005-2009, une étude Norvégienne sur les espèces de la Fulmarus a montré que jusqu’à 52% des échantillons étudiés contenait des particules plastiques dans la quantité de plus de 0,1 g dans les estomacs.

Dix ans plus tard, le pronostic pour l’avenir s’est encore amoindri. Une analyse scientifique plus poussée a présenté un modèle statistique du risque de consommation de plastique pour 186 espèces d’oiseaux marins. Si nous ne réduisons pas la quantité de plastique produite, d’ici 2050 toutes les espèces d’oiseaux marins auront été touchées par l’existence de ce polluant, et le plastique se retrouvera dans le tube digestif de plus de 95% des individus.

Pour éviter cela, il faut absolument mettre en place un nouvel ordre juridique, et d’autre part, nous, en tant que consommateurs devons changer en limitant notre propre consommation de plastiques, en ne laissant pas de saletées au sein de la nature, en triant les déchets ou en renonçant aux cosmétiques contenant des microgranules de Plastique. Chacun, à son échelle, doit être conscient que les effets de la surproduction de plastique ont un impact négatif non seulement sur la vie des oiseaux, mais aussi sur notre propre santé.